Les auto-entrepreneurs refusent de changer de statut

Une majorité d’auto-entrepreneurs se résoudraient à cesser leur activité plutôt que de basculer dans un régime d’entreprise classique, indique un sondage OpinionWay. Un pied-de-nez à la réforme du statut promise par la ministre Sylvia Pinel ?

Non, le statut d’auto-entrepreneur ne va pas être supprimé, contrairement à ce que pourrait laisser supposer la polémique entourant la réforme du régime présentée cet été par Sylvia Pinel. A priori, les facilités administratives les avantages fiscaux seront maintenus tels quels. A ceci près qu’ils seront limités dans le temps. Car au-delà d’un certain seuil de chiffres d’affaires (non fixé pour l’instant), le statut ne sera plus accessible et l’auto-entrepreneur devra basculer dans le régime de droit commun.

Voilà pour le gros des mesures envisagées. Elles ne satisfont pas les organisations professionnelles concernées (FEDAE et UAE), ni les auto-entrepreneurs eux-mêmes qui l’ont fait savoir à travers un collectif de résistance baptisé « Les Poussins ». En septembre, ces derniers ont réalisé une enquête auprès de leurs adhérents confirmant les inquiétudes suscités par les changements à venir.

L’auto-entreprise et le travail illégal

Cette fois c’est l’UAE (Union des Auto-Entrepreneurs) qiui a commandé une enquête auprès de l’institut OpinionWays. Que disent-ils ? Sensiblement la même chose : 65 % des auto-entrepreneurs en exercice n’envisagent pas de prendre un autre statut d’entreprise pour poursuivre leur activité. Sont-ils prêts pour autant à arrêter ? 53% affirment que oui.

24% ambitionnent de passer sous un autre régime et 23% espèrent se maintenir dans le statut d’auto-entrepreneur « de manière moins formelle », en prenant garde, par exemple de ne pas dépasser le chiffre d’affaires autorisé.

Une majorité de français (65%) est également convaincu que le statut d’auto-entrepreneur a permis de faire reculer le travail illégal en France.

A-t-il également influé sur le niveau de chômage ? Sans doute. Près d’un millions de français sont aujourd’hui auto-entrepreneurs (près du tiers était auparavant inscrit à Pôle Emploi). Le statut avait été lancé en janvier 2009, au plus fort de la crise.

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